L'essentiel en bref
- Le prix de l'inox chez le ferrailleur s'échelonne de 0,30 à plus de 2,10 euros par kilo selon la nuance et l'état des chutes.
- Les inox austénitiques 304 et 316 bénéficient de la meilleure valorisation grâce à leur teneur en nickel et en molybdène.
- Testez vos pièces avec un aimant : s'il n'accroche pas, vous possédez un inox noble amagnétique particulièrement recherché.
- Nettoyez et triez soigneusement vos pièces pour empêcher le ferrailleur de déclasser tout votre lot au tarif le plus bas.
- La législation interdit tout paiement en liquide : prévoyez un règlement par chèque ou virement avec une pièce d'identité.
Le prix de l’inox varie du simple au triple selon sa composition chimique, son état et le canal d’achat ou de vente retenu. Que vous cherchiez à vous débarrasser de chutes d’atelier chez un récupérateur ou à évaluer le coût de vos matières premières, connaître la valeur réelle de cet alliage évite de brader des pièces à forte teneur en nickel.
Appartenant à la famille des aciers, l’inox combine le fer et le carbone avec des éléments nobles comme le chrome et le nickel. Ces ajouts modifient directement son comportement face à la rouille ainsi que son tarif de reprise au kilo.
L’inox est un alliage de fer
L’acier inoxydable découle d’un mélange métallurgique associant le fer, le carbone, le chrome et fréquemment le nickel ou le molybdène. Pour qu’un acier classique puisse être considéré comme étant de l’acier inoxydable, il faut qu’il contienne au moins 10.5% de chrome selon la norme européenne.
Ce seuil minimal de 10,5 % de chrome permet l’apparition spontanée d’une couche protectrice invisible d’oxyde de chrome, dite couche passive. En pratique, un acier inoxydable d’entrée de gamme intègre environ 11 % de chrome, 87 % de fer et 0,4 % de carbone, complétés par des traces de manganèse, de soufre ou de phosphore.
Différents types d’inox
Un simple aimant permet de distinguer vos chutes : s’il n’adhère pas, vous détenez un inox austénitique (304 ou 316), bien plus cher à la revente grâce à sa teneur en nickel.

La proportion des éléments d’alliage détermine la structure métallurgique et conditionne la valeur marchande du métal. On distingue quatre grandes familles d’aciers inoxydables aux caractéristiques distinctes :
- Les aciers inoxydables martensitiques : leur teneur en chrome s’élève de 12 à 18 % pour un taux de carbone pouvant atteindre 1,2 %. Très durs et magnétiques, ils offrent une résistance modérée à la corrosion.
- Les aciers inoxydables ferritiques (nuance 430 ou F17) : ils contiennent 11 à 25 % de chrome et moins de 0,1 % de carbone sans apport significatif de nickel. Magnétiques et économiques, ils résistent bien à l’oxydation courante.
- Les aciers inoxydables austénitiques (grades 304 et 316) : ils renferment généralement 17 à 20 % de chrome et 8 à 10 % de nickel. Amagnétiques et malléables, ils offrent la meilleure tenue face à la rouille et captent l’essentiel de la demande industrielle.
- Les aciers inoxydables austéno-ferritiques (ou duplex) : combinant 20 à 25 % de chrome et 1 à 7 % de nickel, ils garantissent des propriétés mécaniques supérieures adaptées aux environnements agressifs.
Pour distinguer ces familles sur le terrain sans matériel de laboratoire, nous recommandons le test de l’aimant. Si un aimant puissant adhère franchement à la pièce, vous tenez un inox ferritique ou martensitique, dépourvu de nickel. S’il n’adhère pas ou très faiblement, il s’agit d’un inox austénitique de type 304 ou 316, estampillé en cuisine sous les mentions 18/8 ou 18/10, soit 18 % de chrome et 8 à 10 % de nickel.
Son utilisation dépend de sa qualité

L’utilisation de chaque nuance découle directement de son équilibre entre formabilité, résistance mécanique et comportement en milieu corrosif. Chaque nuance répond à des contraintes opérationnelles très précises qui guident la commande de métal neuf comme le tri des déchets.
Les aciers martensitiques équipent principalement les couteaux de cuisine, disques de freins et instruments chirurgicaux en raison de leur tranchant durable. Les inox ferritiques se retrouvent dans l’électroménager, les conduits d’évacuation, les éléments de carrosserie et les crédences décoratives.
Les inox austénitiques dominent le secteur agroalimentaire, la cuverie vinicole et les plans de travail professionnels. Dans les milieux côtiers ou chlorés, l’inox 316 enrichi de 2 à 3 % de molybdène devient indispensable pour fabriquer l’accastillage marin ou la robinetterie chimique, là où le standard 304 finirait par piquer.
Un cours très dépendant des alliages
Le rachat chez le ferrailleur varie de 0,30 euro le kilo pour un inox ferritique basique jusqu’à plus de 2 euros pour un inox marin 316 au molybdène.
Le cours de l’inox est intimement lié aux cours boursiers des métaux négociés sur les places internationales. À la revente chez le ferrailleur, le prix de l’inox au kilo oscille généralement entre 0,80 et 1,50 euro pour les qualités courantes, tandis que le métal neuf coûte nettement plus cher en sortie d’usine.
| Nuance d’inox | Rachat chez le ferrailleur (chutes / ferraille) | Achat matière neuve (tôles / barres) |
|---|---|---|
| Inox ferritique (grade 430 / F17) | 0,30 à 0,60 € / kg | 2,50 à 4,50 € / kg |
| Inox austénitique 304 (18/8 – 18/10) | 0,90 à 1,40 € / kg | 4,50 à 7,00 € / kg |
| Inox marin 316 (au molybdène) | 1,40 à 2,10 € / kg | 6,50 à 10,00 € / kg |
Sur les marchés industriels, le prix tonne inox dépasse régulièrement 2 000 à 3 500 dollars pour les produits primaires selon la nuance. Contrairement à une idée reçue, l’inox 18/8 (grade 304) compte parmi les alliages les plus recherchés et valorisés du marché de masse, alors que les inox ferritiques sans nickel demeurent bien plus économiques.
Le marché de l’inox est-il en passe de devenir volatile ?
La volatilité des tarifs s’explique par les fluctuations des cotations mondiales, en particulier sur le London Metal Exchange (LME). Le cours du nickel reste le premier moteur de variation des prix, car cet élément représente une part prépondérante du coût de revient des nuances 304 et 316.
À la tension sur les matières premières s’ajoutent les coûts de l’énergie et du fret maritime indispensables aux fonderies. Lorsque le nickel flambe à Londres, les ferrailleurs relèvent rapidement leurs barèmes de rachat d’inox ferraille, avant de les réviser à la baisse dès le ralentissement de la demande industrielle.
Toujours s’informer sur la VEA

Dans le secteur sidérurgique, la VEA (Valeur d’Extra d’Alliage, ou alloy surcharge) sert à répercuter transparentes les variations des cours sans recalculer le tarif de base à chaque commande. Calculée chaque mois par les aciéristes, la VEA reflète le coût réel d’approvisionnement en chrome, nickel, molybdène et ferrailles de recyclage.
Ce barème mensuel permet aux distributeurs et aux industriels d’ajuster leurs devis contractuels en fonction de l’évolution réelle des composants métalliques. En consultant ces grilles publiées par les grands producteurs européens, vous anticipez les hausses ou les baisses du marché avant d’acheter vos profilés neufs ou de négocier un stock important de récupération.
Besoin d’arrondir les fins de mois ? Optez pour la prospection de l’inox
Pour maximiser votre gain, éliminez toutes les pièces plastiques ou en fer ordinaire avant la pesée : un lot mélangé est toujours payé au tarif du métal le moins cher.
Contrairement aux clichés, l’inox est un matériau très facile à trouver lors de chantiers de rénovation, de démolitions ou de débarras. Les cuisines de restaurants, boulangeries industrielles et hôpitaux réforment régulièrement des plongeurs, plans de travail, chariots et marmites qui conservent une excellente valeur marchande.
Pour tirer le meilleur tarif auprès d’un ferrailleur, nous vous conseillons d’éliminer soigneusement toutes les impuretés avant le passage sur la bascule. Démontez les poignées en plastique, découpez les fixations en acier ordinaire ou en fonte, et séparez les tôles amagnétiques (304/316) des inox ferritiques aimantables : le ferrailleur applique systématiquement le prix du métal le moins noble si un lot est mélangé.
N’oubliez pas que la réglementation encadre strictement la vente de métaux : les paiements en espèces sont interdits, imposant un règlement par chèque barré ou virement bancaire sur présentation d’une pièce d’identité en cours de validité. Préparer des volumes propres et pesés à l’avance reste le meilleur levier pour négocier un bonus au kilo.
Testez vos connaissances sur l'inox
Quel pourcentage minimal de chrome un acier doit-il contenir pour être qualifié d'acier inoxydable ?
- 5,5 %
- 10,5 %
- 18,0 %
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10,5 %
Selon la norme européenne, un acier doit renfermer au minimum 10,5 % de chrome pour créer sa couche passive protectrice.
Comment identifier rapidement un inox austénitique de valeur (type 304 ou 316) à l'atelier ?
- En testant son magnétisme : l'aimant n'accroche pas
- En observant sa couleur qui tire vers le vert
- En vérifiant s'il rouille à l'eau douce
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En testant son magnétisme : l'aimant n'accroche pas
Grâce à leur concentration en nickel, les inox austénitiques sont amagnétiques, à l'inverse des inox ferritiques qui attirent l'aimant.
Quel élément d'alliage dicte principalement les hausses et les baisses du cours de l'inox 304 ?
- Le nickel
- Le cuivre
- L'aluminium
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Le nickel
Les fluctuations boursières du nickel sur le LME représentent le premier facteur de variation du coût de revient et de rachat de l'inox 304.
